Ils sont trop forts !

Écrit par – 26 janvier 2015

Trop forts Kilian et Laetitia qui empochent les 4 médailles d’ors distribuées aux seniors ce week-end sur l’épreuve individuelle et l’épreuve par équipe de la deuxième étape de la coupe du Monde disputée en Andorre.

Trop fort Xavier Gachet qui termine second de l’épreuve individuelle et 6ème et premier français de la Verticale Race.

Xavier progresse régulièrement d’année en année et s’installe maintenant parmi les meilleurs mondiaux de la discipline toujours avec la modestie et la gentillesse qu’on lui connaît, c’est d’autant plus beau. Bravo Xavier, continue comme ça.

Merci à vous trois, cela nous motive à bloc.

Xavier Gachet - coupe du monde 2015 - Crédit ISMF

Xavier Gachet – coupe du monde 2015 – Crédit ISMF

 

Beau début de saison pour le team XP

Écrit par – 7 janvier 2015

Superbe début de saison pour nos produits aux Championnat de France de Vertical Race ce samedi 3 janvier à Méribel Mottaret avec la victoire du prodige Kilian Jornet du team XP  tout juste rentré de son record de l’ascension de l’Aconcagua en Argentine (Kilian était hors catégorie du fait de sa nationalité).

Xavier Gachet également du team XP fait sensation et devient le nouveau Champion de France de la discipline.
Laetitia Roux commence la saison en fanfare avec une nouvelle victoire.

On remarquera l’incroyable performance de Justine Tonso, nouvelle venue sur le circuit et première cadette. Mais surtout elle réalise le 3ème temps scratch chez les cadets avec seulement deux garçons devant elle !

Chez les Juniors on a le plaisir d’un podium complet en Race 400 avec Simon Bellabouvier, Paul Chavanes et Swann Juillaguet.

Plus d’info sur le site de la FFME

podium junior championnat de  france 2015

podium junior championnat de France 2015 – photo : Ski and Run

 

Toute l’équipe vous souhaite la même santé que nos champions pour cette saison !

Et de 4 pour Kilian Jornet !

Écrit par – 7 juillet 2014

Sur la liste des 7 sommets de son projet « Summits of my life », le Mac Kinley  représente la 4ème réalisation de Kilian Jornet gravi le 7 juin 2014.

Le Denali ou Mont mac Kinley est le point culminant de l’Amérique du Nord à 6194 m. Ce sommet de l’Alaska est célèbre pour son froid polaire. Couplé à une latitude élevée, une météo souvent mauvaise son ascension est une entreprise pour le moins ardue. Ce sont les conditions qu’aura rencontré l’expédition de Kilian : froid et mauvais temps. La fenêtre de relatif beau temps annoncée l’a obligé à tenter son ascension seulement après 7 jours d’acclimatation sur place.

Tentative réussie puisque Kilian aura mis 11h 48 min pour couvrir la distance et le dénivelé entre le camp de base et le sommet en aller-retour ce qui représente 53 km et 4700 m de dénivelé établissant un nouveau temps de référence établie en 2013 par Ed Warren en 16h 46 min. Une ascension réalisée par la voie Rescue Gully et non par la voie normale – la West Buttress – route empruntée par la plupart des expéditions. Pour autant et comme le raconte Kilian ce ne fut pas une formalité : températures très froides, vent, visibilité réduite et bien entendu l’altitude dont il a commencé de souffrir dès 5000 m.

A titre de comparaison (toute relative), les expéditions classiques tentent le sommet du Mac Kinley depuis le camp 5 à 5245 m d’altitude après une acclimatation progressive sur les camps précédents.

La suite du programme pour Kiki ? le mont Elbrus en Russie et le Mont Aconcagua en Argentine. Puis en 2015, l’Everest.

Summits of my life

Mont Mac Kinley par Kilian Jornet © Summits of my life

Lien vers son récit sur Summits of my life.

Quelques images supplémentaires sur la page facebook.

Une saison à 100% pour Laetitia Roux

Écrit par – 14 mai 2014

Avec 10 victoires en coupe du Monde sur 10 épreuves, les championnats d’Europe, la Pierra Menta, le tour du Rutor et, cerise sur la peau de phoque pour finir la Patrouille des Glaciers avec un nouveau record à la clef, Laetitia réalise une saison sans faute et le grand chelem qui lui tenait tant à coeur.

Laetitia Roux - Tromso

Bravo !

« Tu vas jusqu’où ? » ou le récit d’une traversée de Belledonne… improvisée

Écrit par – 16 avril 2014

chamrousse

5h30 Chamrousse : pas d’idée précise du circuit du jour juste l’envie d’aller faire une bambée dans Belledonne. J’oriente mes spatules vers la croix de Chamrousse. La piste est dure, m’obligeant à sortir les crampons, qui peut m’expliquer pourquoi les dameuses font ces vaguelettes au lieu d’une surface lisse ?

croix de chamrousse

6h06 Croix de Chamrousse : c’est le crépuscule ; j’aurais juste un peu de luminosité pour la descente sur les Lac Roberts. Des lacs je poursuis vers le col de la Grand Vaudaine puis vers le sommet de la Grande Lauzière. La montée est en neige dure, je fais de nouveau une partie en crampons.

grande lauzière belledonne

7h15 Grande Lauzière : enfin les premiers rayons de soleil. J’attaque la descente de la face nord prudemment, j’ai lu la veille quelques compte-rendus sur Skitour qui parlent de neige vitrifiée en versant nord. La neige est effectivement dure mais pas vitrifiée dans la partie raide. En revanche, en bas, il y a de grandes zones vitrifiées.

Logiquement une fois rejoint les lacs des Doménons, je remet les peaux pour la Croix de Belledonne.

croix de belledonne

7h55 Croix de Belledonne : c’est magnifique, pas un pet de vent. Conditions parfaites. Je poursuis par le couloir des Rochers Rouges qui n’est pas très bon aujourd’hui.

rochers rougesEntrée du couloir des rochers rouges, mais qui a réalisé cette plantation ?

Et qu’est-ce que je fais maintenant ?

Le circuit habituel, Grande Lance, Grand Colon ? Tout ça n’est pas très excitant. Je préfère voyager un peu vers le Nord, au pire je ferais du stop pour rentrer.

Je descends vers le lac Blanc puis je monte au rocher de l’Homme tout le long en crampons.

8h45 Sommet du rocher de l’homme : Je chausse les skis un peu en contrebas puis je me dirige vers l’entrée du couloir Nord. La pointe du bâton m’indique que la neige est dure. Je renonce à m’y engager et je redescends l’étroiture côté sud pour contourner par l’épaule. Il y a trois semaines avec Thomas Warnier nous avions pu descendre par le couloir nord, c’est plus élégant et ça fait gagner un peu de dénivelé pour la remontée au col de la Mine de Fer mais aujourd’hui je ne veux pas prendre de risque inutile.

col de la mine de fer

Au Col de la mine de Fer, mon téléphone vibre. Un sms s’affiche : « ça va ? » me demande Estelle, ma femme, qui n’aime pas me savoir seul en montagne. Moi : « Oui ».

brèche de roche fendue

9h10 Brèche de Roche Fendue : Je traverse sur le pas de la Coche sur une moquette haut de gamme. C’est top. Deux petites montées à pied puis de nouveau une traversée descendante et je retrouve la montée de la Belle Etoile côté sud. Parti avec 750 ml de boisson, je suis maintenant à sec. Heureusement le petit ruisseau des Combes me permet de refaire le plein.

10h30 sommet de la Belle Etoile : premières rencontre de la journée avec deux autres solitaires. L’un venant du versant sud, l’autre du Pleynet. J’en profite pour me faire tirer le portrait.

belle étoile

Je ne m’attarde pas trop et descends sur les Lacs des 7 Laux où je refais de nouveau le plein dans le ruisseau. Je file en direction du Rocher Blanc par le col de l’Amiante. Mauvaise option, le couloir est croûté, je m’enfonce péniblement à chaque pas. J’aurais du emprunter le couloir sud-ouest.

En remontant les combes vers le rocher Blanc mon esprit s’évade, je me demande pourquoi je fais ça. La montagne c’est tellement beau, pourquoi passer comme un avion, j’en rate la moitié ? Je ne sais pas, peut-être que je n’arrive pas à guérir de cette époque de compétition où j’avais le niveau de gagner. Maintenant il ne me reste plus que des projets pareil pour me faire remarquer. Peut-être qu’il y a autre chose, un peu comme quand tu apprends à lire au début : les lettres, après les mots et ensuite tu fais des phrases. Aujourd’hui j’ai le niveau de faire des phrases alors pourquoi balbutier.

11h45 sommet du Rocher Blanc :

Et qu’est-ce que je fais maintenant ?

rocher blanc

L’idée de tenter la traversée jusqu’aux Grands Moulins me titille. Ce matin j’ai déjà parcouru 4500 m de D+ rapidement. La neige est dure et compacte. Le bulletin indiquait hier un risque 1-2.  Je me dis que j’ai largement le temps de poursuivre dans des conditions pas loin d’être optimales. Go !

J’envoie un sms à Estelle : « Je suis au Rocher Blanc, ne m’attendez pas pour manger, je continue un peu et je rentrerais en stop ».  Hum !

Je descends dans la combe Madame jusque un peu au dessus du refuge. Je croise 7 personnes en train de monter. Ce sont les dernières que je verrais ce jour.

La montée suivante au col du Tepey est éprouvante. Le soleil tape fort et la neige ramollie en surface glisse sur la couche dure.

12h45 Col du Tepey

col du tepey

De là il faut descendre main gauche et remonter sur une petite épaule depuis laquelle on descend pour regagner la montée à la Selle du Puy Gris côté Maurienne.

Toujours aucune trace, une combe plein sud, un vrai four, la neige qui colle sous les peaux et une trace à faire dans une neige ramollie sur 10 cm en surface. Dessous la neige est compacte, je ne suis pas inquiet des conditions nivo mais la fatigue se fait sentir. Dans ma tête j’essaye de visualiser ce qu’il reste à faire et je doute. Serais-je capable d’arriver au bout ?

Un nouveau sms d’Estelle : « tu vas jusqu’où ? »

Moi : « On verra, la neige est stable, pas de risque » Hum !!

13h20 Selle du Puy gris

J’entame la descente direction le refuge de l’Oule. Un peu en amont je remets les peaux pour remonter au Col du Moretan. Une barre énergétique m’échappe et glisse 50m plus bas. Merde, je ne peux pas la laisser, c’est « mal ». Pourtant je n’ai aucune envie de redescendre, je suis un peu entamé. Quelques secondes plus tard j’y vais quand même  c’est « bien ».

Le soleil est de plomb. Je me traîne. Aucune trace récente de ski pour m’aider un peu. Dommage, je fais le travail.

14h Col du Morétan :

col du morétanau fond la pointe de Comberousse et la selle du Puy Gris à gauche.

Une pensée pour Olivier Pilon dit « La pile » tellement il avait d’énergie. Nous avions fait ensemble des sorties mémorables dans ce secteur.

Je plonge sur le vallon du Merlet.  A partir d’ ici je suis sûr de ne voir plus personne (déjà que). C’est le coin le plus sauvage de Belledonne, le domaine des Chamois.

Je refait le plein dans le vallon  soit 1 litre 1/4. Je sais que je ne trouverais plus d’eau jusqu’à la fin. Est-ce que ça suffira ?

La traversée et la montée au dessus du refuge du Merlet sont fatigantes : ça enfonce, ça colle et ça chasse par endroit. Je rejoins une croupe déneigée, plus efficace.

Arrivée sur la crête puis petite descente et montée au Col du Crozet,  Toujours cette couche ramollie qui glisse sur la couche dure, c’est pénible et épuisant, il faut essayer de taper latéralement pour ancrer dans la couche inférieure. Je me traîne, je suis cuit !!! Il reste 200 m pour le col mais j’ai peur de ne pas y arriver. Je m’arrête à chaque conversion pour souffler, j’évite de regarder trop souvent vers le haut, ça me déprime, d’habitude les cols s’approchent plus vite.

Pour me motiver je me promet de faire une grosse pause juste après le Col, au refuge des Férices.

15h30 Col du Crozet

col du crozet

Enfin le col, au fond à gauche les Grands Moulins, dernier sommet de la traversée. Je plonge tout de suite vers le refuge des Férices et vers la pause promise. Je réfléchirais après pour savoir si j’ai le courage de continuer.

Refuge des Férices

refuge des férices

Je refais les accus à l’énergie solaire et essaie de manger ces infâmes barres énergétiques goût Pizza. Beurk… Je repense à Stéphane lors de notre traversée en 2011. Nous étions resté bloqués ici à cause des cumulus qui bourgeonnaient. Cétait la purée de pois et en plus on ne savait pas où passer pour atteindre les Grands Moulins. C’est là qu’il avait sorti les sandwichs et le coca, trop bien. Il me racontait encore l’histoire des deux alpinistes qui arrivent au sommet de l’aiguille Verte : l’un deux s’assoit et sort deux pommes de son sac, l’une d’elle lui échappe et tombe, il dit « Merde… TA pomme … ». J’en rigole encore.

Sms d’Estelle : « T’es où ? »

Moi : « Au refuge des Férices, je fais une pause ».

Estelle : « Tu fais quoi après ? ».

Moi : « A priori je finis ».

Estelle : « Tu finis quoi ? » (je n’ai pas capté le message tout de suite, je n’ai pas répondu).

Après cette pause je remets les skis pour tester la machine. Si je n’avance pas plus vite qu’avant c’est pas la peine de continuer. Mais ça va mieux, le rythme est correct même si cette neige est fatigante, je progresse.

Aujourd’hui dans un sens, c’est aussi une journée de travail, hum!  Je teste les nouvelles Morpho Black et un prototype de fixation Ultimate allégée à 60 gr. Je suis vraiment épaté par l’efficacité de la membrane d’étanchéité. Déjà 11 heures que je skie et j’ai toujours les pieds secs.

traversée de belledonne 16

Maintenant il faut jouer à saute mouton le long de la crête qui mène aux Grands Moulins, vers la tête de la Perrière. Je vais chercher des zones déneigées pour éviter cette mélasse et monter plus vite. Les descentes sont bonnes, dans une neige molle mais pas pourrie.

traversée de belledonne 17

18h10 Grands Moulins : enfin j’y suis. D’ici il y a encore pas mal de distance (10km à vol d’oiseau) mais pratiquement que des descentes entrecoupées de toutes petites montées.

A ma gauche on devine l’itinéraire qui reste a suivre sur la croupe a moitié dégarnie.

Avec un peu de chance il y aura suffisamment de neige pour poursuivre à skis le plus loin possible.

Mais avant de continuer j’essaye d’organiser mon rapatriement depuis mon point de chute : le Col du Grand Cucheron. Ce col se trouve au fond de la vallée des Huiles. Moins d’une dizaine de voitures passent par là tous les jours donc il ne faut pas compter faire du stop. J’appelle Estelle qui va passer quelques coups de fil  avant de trouver un taxi prêt à venir me chercher dans ce « trou ».

col de la perche

Dernière montée au Col de la Perche, d’ici il faudra longer la croupe jusqu’au col du Grand Cucheron à 7,5 km à vol d’oiseau.

il est 19h30 quand j’arrive à 1450 m sur la route forestière. Je mets les skis sur le sac pour finir à pied, me perds un peu dans la forêt puis je finis par trouver la route et mon taxi.

Je suis heureux, j’ai fait un beau voyage.

Il y a trois semaines avec Thomas Warnier nous avions du stopper aux Férices à cause des risques de coulée, c’était une superbe sortie qui restera gravée dans nos esprits.

Je suis heureux, j’ai fait un beau voyage. Un voyage intérieur aussi avec mes amis disparus. Aujourd’hui j’étais plus proche d’eux, je voyais les courbes fluides du Steph qui volait sur la neige. J’entendais mon Pil qui hurlait « trop bon ». Mais je n’oublierais jamais ce jour où nous sommes partis à trois et revenus à deux. La détresse de sa femme, ses enfants hystériques… Putain de corniches !!! Si vous lisez ce texte faites gaffe, surtout dans le massif du Mont Blanc : vous évoluez sur une neige béton dans un air froid au dessus d’une corniche exposée plein  Est. Vous vous sentez en sécurité sur cette neige dure mais en dessous, c’est un four, le soleil bas rayonne perpendiculairement et creuse la corniche par dessous. Si elle cède elle pourra vous prendre même en retrait de la falaise à cause de la carapace de neige qui fait poutre.

 

L’idée de cette traversée, c’est de tracer un itinéraire logique qui traverse le massif de manière élégante, en se tenant le plus près de la dorsale et en passant par quelques sommets. J’aime aussi l’idée de le faire sans assistance.

Avec Stéphane en 2011 nous étions passés par la Grande Lauzière, le Rocher Blanc et les Grands Moulins. C’est un super souvenir car c’était l’aventure, nous ne savions pas si c’était possible. Cette fois j’ai ajouté la Croix de Belledonne, le sommet du Rocher de l’Homme et le Pic de la Belle Etoile. Ainsi c’est à peine plus long et encore plus chouette.

Mes amis « Steph » et « La Pile », même si vous étiez avec moi aujourd’hui, vous me manquez cruellement.

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Chamrousse Recoin – Col du Grand Cucheron = 7800 m de dénivelé positif / 8300 m de dénivelé négatif.

Distance en lignes brisées de point haut à point bas =57 km

Matériel utilisé :

  • Skis Dynastar Pierra Menta pro rocker Carbon
  • Chaussures = Morpho Black
  • Fixations= Ultimate 2
  • Crampons aluminium
  • Peaux Pomoca Race